Lettre ouverte aux commentateur-trice-s haineux-ses à propos des personnes opposées aux GPII quels qu’ils soient.

Lettre ouverte aux commentateur-trice-s haineux-ses à propos des personnes opposées aux GPII quels qu’ils soient. (et seulement aux haineux-ses, pas à celleux qui sont pour les projets mais ouverts à la discussion sans mépris, entendons-nous bien.)

C’est triste d’être à ce point crédule et de gober sans sourciller tout ce que bavochent les médias sur le compte des zadistes, de juger ces personnes sans même se renseigner sur leurs réelles motivations, qui existent et sont bien plus profondes que tout ce qu’on pourra vous laisser croire. De répéter à l’envi, comme « on » vous le martèle à longueur de temps, que ce sont des cassoc, des marginaux-ales, des assisté-e-s, des qui « foutent le bordel pour foutre le bordel », des alcooliques et des drogué-e-s, qu’il faudrait « raser tout ça au bulldozer » et j’en passe et des meilleures.

Je comprends votre désespoir d’être toujours les dindons de la farce, j’entends votre essouflement de toujours bosser comme des mulets pour ne pas gagner grand-chose pour vivre tandis que ces zadistes, vous les voyez là à rien foutre, parce que c’est tout ce qu’on vous montre d’elleux, mais combien grande est votre erreur !
En propageant ce genre de résidus de caniveau, sans rire, vous faites le jeu du gouverne-ment et lui offrez votre propre vaseline pimentée sur un plateau de graviers et avec un grand sourire niais plaqué sur la frime.

Ces « guignols » comme vous les appelez, défendent un territoire, qui parfois ne leur appartient pas en propre, certes (et parfois si!), mais qui appartient soit à d’autres, exproprié-e-s pour des GPII au prix du kilo de cacahuètes par m², soit à la collectivité, autrement dit autant aux citoyen-ne-s qui sont contre ces projets qu’à celleux qui sont pour, puisqu’il s’agit du fruit de vos impôts à tou-te-s (oui, parmi les zadistes, il y a plein d’actif-ve-s, de retraité-e-s qui ont bossé toute leur vie aussi, d’agriculteurs-trices, d’élu-e-s… des gens comme vous quoi. Ça fait drôle hein ? C’est pourtant vrai. Renseignez-vous un peu, variez vos sources, allez leur parler au lieu de rester benoîtement devant votre écran plat chèrement gagné à grogner sans savoir.)

Ces gens défendent des ressources (eau, terres, biodiversité…) déjà malmenées par la grande course à l’échalote du « monopoly du bétonnage, des centres commerciaux à la con et du chantage de dupes à l’emploi », du tout-économique et libéral, des gourous de la « mondialisation heureuse » et du capitalisme fou, du dieu-démon argent et de ses séides aveugles et sourds à toute forme d’humanité.

Ces personnes ne croient pas plus que vous aux promesses que le gouverne-ment leur fait. Mais elles, elles se bougent. Pour elles, soit, mais pour vous, aussi, pour nous tou-te-s en fait.
Devraient-elles être désolées de vous démanger la conscience ? (oui parce que quand quelque chose nous énerve et nous met en colère, c’est parce que ça vient nous gratter aux entournures et nous remuer la tripaille là où on ne veut pas regarder. Regardez-vous le nombril cinq minutes puis jurez-moi sans trembler que tout va bien dans votre moral, qu’on rigole. Cessez de vous nourrir de la haine qu’on vous donne en pâture sans même y réfléchir. Analysez-vous un peu, histoire de comprendre que vos frustrations, les zadistes n’y sont pour rien, et que le système sociétal actuel n’attend que votre assentiment pour ne surtout rien changer et vous garder dans sa réserve de chair à canons – même si ceux-ci, en Occident, sont des canons à produits de grande consommation – et que vous le lui donnez à genoux, ce consentement, en lui offrant votre haine envers tou-te-s celleux qui essaient d’en sortir pour une vie qu’iels estiment meilleure.)

Moi, les zadistes, je les admire et les remercie. Parce que dans un mur de contestation, chaque pierre compte, petite ou grande, et qu’iels sont une de ces pierres et que les autres pierres ont besoin d’elleux. J’en suis une autre, de ces pierres, et mon grain de lutte est différent. Et il y a même d’autres pierres qu’on remarque à peine, non parce qu’elles luttent avec les autres, mais simplement parce qu’elles n’empêchent pas les autres de lutter.
Et vous, serez-vous pierre, ciment, mousse, lierre, insectes, appartenant tou-te-s à l’écosystème symbiotique du mur ? Ou serez-vous le bulldozer froid et destructeur, sans intelligence ni réflexion, simple machine obéissant à son conducteur ? Le choix vous appartient.

Quand vos enfants n’auront plus que du béton à ronger et les semelles de leurs dirigeants et multinationales à lécher pour tenter de s’hydrater à leur propre salive, puisque l’eau sera trop polluée et les terres mortes et désolées ou bétonnées, quand iels n’auront plus qu’un air vicié à respirer, vous souviendrez-vous de vos crachats envers celleux qui auront tenté de défendre leur avenir ? Vous n’aurez plus alors, en pensant à elleux, ces enfants, vos enfants, qu’à boire à la coupe de vos larmes d’amertume et de regrets, mêlés d’illusions perdues. Et vous boirez jusqu’à la lie, parce que vous n’aurez plus que cela.

Une dernière chose : aimez-vous un peu plus et haïssez un peu moins. La pollution des coeurs, ça existe aussi, et c’est la pire de toutes, parce qu’elle est sournoise et insidieuse. Foutez-la dehors, cette pollution-là. Vous valez mieux qu’elle.

Hélène K.

 

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Forêt de Kolbsheim menacé par Vinci (projet GCO)

 

 

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